Bonnes et moins bonnes surprises de Madère


Quelques semaines après notre retour, je prends enfin le temps de rédiger ce post qui me trotte dans la tête depuis un moment. Madère a été pour nous une magnifique parenthèse dans le quotidien effréné de nos nombreux allés-et-retours entre le Pays basque et le Poitou-Charentes. Nous avions grandement besoin de cette coupure, ne serait-ce que pour nous changer les idées, recharger les batteries et profiter d’un vrai moment à deux. Nous sommes des spécialistes de la longue distance et parfois cela pèse un peu ! C’est donc avec émerveillement que nous avons découvert l’île aux fleurs (et aux falaises à pic), profité des délicieux pasteis de nata et fruits exotiques locaux, adoré ses plages désolées et sa végétation luxuriante.

Cependant, pour être tout à fait honnête, un petit temps d’adaptation a été nécessaire avant de pouvoir profiter pleinement du séjour. Il nous a véritablement fallu dompter cette île durant les 2 premiers jours sur place. Non pas du fait de la langue, de la nourriture, de la culture ou de tout autre « choc » plus classique d’adaptation… mais, et ça n’en surprendra pas certains j’en suis certaine, du fait de ses touristes et de la ribambelle de barres d’immeubles hideuses qui accompagnent généralement ce type de destination. Je connaissais déjà les îles Canaries, protéiformes, dont il est clair qu’aucune ne se ressemble. Les Canaries sont aussi concernées par ce problème de bétonnage mais il est possible de fuir le tourisme de masse en choisissant d’éviter les grandes villes. A Madère, dont l’archipel n’est composé que de 2 îles habitables, c’est un peu plus complexe à mon sens de l’éviter, pour la bonne et simple raison que l’arrivée se fait toujours par l’aéroport de Funchal, au Sud de l’île et que c’est justement le Sud de l’île qui est le plus impacté. D’immenses hôtels criblent la côte Sud, particulièrement aride, la polluant visuellement de béton gris. Par ailleurs, certains villages comme Calheta ou Ribeira brava, me semblent littéralement à fuir. Les locaux vous abordent d’ailleurs d’une manière sans équivoque, vous êtes là pour dépenser votre argent et rien d’autre. Vous l’aurez compris, je conseille à ceux qui prévoient un séjour à Madère de ne pas s’attarder dans le Sud et de privilégier l’exploration des montagnes centrales et de la côte sauvage, située à l’Ouest et au Nord de l’île.

  • Coups de coeur 

Jardim do mar et Ponta do pargo pour leur tranquillité 

Jardim do mar est un petit village surprenant. Nous connaissions sa réputation de « surf spot » raide et fracassant. Notre arrivée en pleine chaleur du milieu d’après-midi nous a donné l’impression d’un village endormi, l’heure de la sieste peut-être ? Nous avions envie de nous baigner, et avons été quelque peu déçus de l’absence totale de plage. En guise de point de baignade, nous nous contenterons d’une rampe à bateau et une digue pour pêcheurs. Finalement, après avoir pris nos quartiers dans une charmante auberge de jeunesse esprit hippie (Maktub guesthouse, je conseille), nous apprenons que le gouvernement a décidé de contrarier les surfeurs en installant des brise-lames particulièrement inesthétiques et dangereux. Des tétrapodes en béton tout le long de la côte, modifiant complètement le spot. Allez chercher… Du coup, ni baignade ni surf ne sont aujourd’hui vraiment aisés. Mais le village est mignon, son ambiance apaisante et la vue depuis l’auberge sur une succession de falaises à pic vaut vraiment le détour.

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Sao Vicente et ses montagnes en pain de sucre 

Tant de choses à dire sur Sao Vicente. Il se trouve que notre arrivée s’est faîte dans la brume épaisse et dans une fraîcheur inattendue.  A priori, les conditions n’étaient pas réunies pour favoriser l’opération séduction. Malgré tout, du fait peut-être de notre formidable hôte AirBnB qui nous a couvert de cadeaux et de sa superbe terrasse avec vue sur les montagnes, nous avons eu vite fait de succomber à ses charmes. Le bourg est assez petit, comprend essentiellement des boutiques de souvenirs et est franchement mort le dimanche (testé…). Mais si vous en sortez pour faire quelques randonnées dans les levadas* alentours, alors vous serez éblouis par les paysages de forêts laurisilves, de montagnes volcaniques, de falaises et de gouffres… En un mot : dépaysant.

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Picos Ruivo et Ariero pour des randos à couper le souffle

Si nous sommes assez férus de randonnée, nous avons malheureusement manqué de temps pour faire la plus mythique allant du Pico de Ariero au Pico Ruivo, le point culminant de l’île. Avec seulement 4-5 heures devant nous ce jour-là pour découvrir la partie centrale de l’île, nous avons opté pour la randonnée jusqu’au sommet du Pico Ruivo (Achada do Texeira), s’élevant à 1861 mètres d’altitude. Bien que moins accidentée et impressionnante que la randonnée qui relie les 2 pics, nous avons tout de même apprécié cette épopée qui nous a permis de nous élever au dessus de la couverture cotonneuse de nuages. Le dénivelé est assez important, de quoi se mettre en forme pour plusieurs jours. La vue au sommet, certes bouchée mais la tête au-dessus des nuages, nous récompense largement.

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Ponta Sao Laurenço pour ses contrastes volcaniques

Un de nos meilleurs souvenirs est sans commune mesure la pointe de Sao Laurenço. Située à l’extrême orient de l’île, ce bras de terre nous a subjugué par sa beauté d’un autre genre, et je pousserais même jusqu’à dire d’une autre planète. En quelques dizaines de kilomètres, le paysage du Nord de l’île se transforme, passant de verdoyantes forêts humides à une péninsule semi-aride dont les dégradés d’ocre et de pourpre me rappellent la plus volcanique des îles Canaries, Lanzarote. L’exposition aux vents du nord favorise une végétation basse et l’absence d’arbres. C’est donc un paysage particulier qui ravira les amateurs de désert. Un sentier époustouflant permet de sillonner ces successions de formations minérales. A faire sans hésiter.

IMG_1459 IMG_1447_MG_1487

_MG_1440IMG_1505De la forêt humide au désert volcanique en quelques dizaines de kms, bienvenue à Madère !

Les cachalots (et dauphins…) de la baie du Funchal

Madère, c’est aussi la faune marine. Depuis Funchal, plusieurs compagnies vous proposent de découvrir les baleines et dauphins, présents toute l’année. Nous avons opté pour Rota dos Cetaceos, suite à la lecture d’un article sur Miles & Love (merci à eux). Nous avions lu beaucoup de choses positives sur cette compagnie. Le fait qu’elle garantisse de voir ces mammifères à quasiment chaque sortie, et dans le cas contraire, qu’elle offre le remboursement, avait retenu notre attention.
Au final, nous n’avons pas été déçus mais disons que nous nous attendions à voir plus de cétacés, du fait des nombreux témoignages lus avant d’embarquer. Encore une fois, la nature nous a donné une bonne leçon : la faune n’est pas un spectacle permanent qui serait à notre disposition. L’observer est un honneur que nous devons apprendre à apprécierchaque jour. Nous n’avons donc pas eu la chance de voir des dauphins mais malgré tout une belle rencontre à la clé, avec un cachalot !_MG_1577

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Vous pouvez voir la mâchoire fine si particulière du cachalot sur ce cliché insolite. Oui  c’est étrange mais monsieur semble se rouler sur le dos !

Alors, qu’en pensez-vous ? Connaissiez-vous cette île ?

Post à suivre sur Madère : récit d’un après-midi canyoning

13 réflexions sur “Bonnes et moins bonnes surprises de Madère

  1. oui Madère n’est pas une île à plages, pour cela il faut aller à Porto Santo, l’île voisine. Je te rejoins pour le bétonnage du sud de l’île, c’est vraiment dommage. Au Pico do Arieiro assister au lever du soleil c’est absolument magique, mais ça pique un peu de sortir du lit si tôt !! ;-)

    • Merci pour ton commentaire Argone. Nous n’avons pas eu la chance d’aller à Porto Santo (en fait, nous nous demandions si cela valait le coup étant donné sa dimension), ni le courage de nous lever à l’aube pour la randonnée au Pico de Arieiro. Mais c’est vraiment un regret de ne pas l’avoir fait. Une prochaine fois c’est certain ;)

  2. Je te comprends, le bétonnage intempestif des îles me révolte vraiment (j’ai d’ailleurs peur que l’ouverture entre Cuba et les US n’aboutisse à cela…). Je ne connais pas Madère et tes photos donnent envie d’aller voir, bien que ce soit un peu loin de la Floride ;)

    • Désolée de mon temps de réaction et merci d’être venue ici Bertille ça me fait plaisir. Oui, c’est vrai que ce bétonnage intempestif est incompréhensible…si ce n’est le profit profit et toujours le profit qui aveugle les populations locales et certains touristes peu conscients. Heureusement, l’éco-tourisme fait son chemin dans les esprits. Il est rare que les blogs de voyage fassent la promotion de ce genre d’hôtels impersonnels, c’est déjà ça de gagné sur la blogo :) Ensemble, on peut être des influenceurs à notre manière.

  3. Que j’aime ton article! On a plus ou moins eu les mêmes coups de coeur, j’avais beaucoup aimé Jardim do Mar aussi! J’ai été moins choquée que toi par le bétonnage, mais je ne suis pas allée à Ribeira Brava par exemple. On s’était contentés de Funchal, Ponta do Sol (hôtel face à la « plage »), de Porto Moniz, et d’un hôtel en plein coeur des montagnes! J’ai été un peu déçue de pas faire les randonnées Pico Ruivo et Pico Arieo, mais on avait vraiment peur que la voiture ne tienne pas le coup, elle avait déjà pas mal souffert dans les montée pour les 25 fontaines… !:/

  4. On m’a très vivement conseillé Madère. J’aime beaucoup tes photos car elles montrent un aspect que je ne connaissais pas, ce coté montagneux et rocailleux, qui étrangement m’attire beaucoup plus que les photos fleuries habituelles. :D L’endroit a l’air de receler de très belles randonnées !!!

  5. Je ne pensais pas que c’était si beau Madère, enfin si volcanique, si accidenté. Je ne pensais pas non plus que ça se prêtait bien aux randonnées, mais alors ça m’enchante de l’apprendre. C’est le rêve de mon père d’y aller depuis très longtemps, et bien peut-être que je vais pouvoir pousser mes parents (et assommer ma mère pour qu’elle accepte de prendre l’avion ^^) et que ma venue les motiverait à se lancer.
    Et très chouettes photos :)

    • Merci! Oui c’est une île parfaite pour la randonnée et les sports de pleine nature de manière générale (voir mon dernier post) . Ton père adorerait. Les îles Canaries sont dans le même esprit également, entre végétation abondante et arridité.

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