Sur la piste du diable…


Observer le diable de Tasmanie en liberté relève de l’exploit du biologiste-explorateur. Nous avons presque autant de chances de tomber sur un ornithorynque… Ceci dit, j’y crois dur comme fer et avec Ana on ouvre l’œil où que l’on se trouve.

Surtout : on garde une oreille attentive car le cri de ce marsupial est plutôt singulier. Perçant et agressif. Pas le genre de cri que l’on voudrait entendre en balade seule, dans la nuit épaisse. Pourtant, les photos des guides touristiques nous montrent une petite boule de poile noire (à l’aspect du petit chien) au museau effilé, qui n’a franchement rien à voir avec le personnage dépeint par la Warner Bros.

Diable de Tasmanie

On sait que les jeunes apparaissent surtout en septembre, octobre et novembre. Ce n’est pas franchement la meilleure saison puisque nous sommes en février. Et le meilleur moment pour l’observation est à la tombée de la nuit, comme pour le wombat, autre mascotte de l’île tout à fait attendrissante.

Malheureusement pour nous, après 5 jours en Tassie, le seul spécimen de diable que nous croisons est victime d’un accident de la route. Le nombre d’animaux morts sur le bas côté est d’ailleurs hallucinant  : la faune est soit très abondante, soit les conducteurs ne sont pas très prudents (en roulant la nuit par exemple > à éviter !).

Tasmania

Dans le parc national de Cradle Moutain

Une tumeur faciale les décime

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Alors après 10 jours à parcourir l’île et pas le moindre signe de vie du bestiau, nous optons pour les spécimens captifs du parc de Bonorong, près du Mount Field National park. En fait, leur payer une petite visite en parc zoologique a du bon, puisque l’argent dépensé permet de sauvegarder l’espèce. Dans certains cas, les parcs participent directement au programme de lutte contre une maladie qui les décime.

Les diables vivaient autrefois sur tout le continent australien. Aujourd’hui, on ne les trouve plus que sur cette île et leur population décroît vertigineusement à cause d’une tumeur faciale, qui après 3 à 8 mois d’incubation, développe d’importantes blessures autour de la mâchoire. Ces dernières peuvent, à terme,  empêcher l’animal de s’alimenter correctement.

Le DFTD (devil facial tumour disease) est l’un des rares cas de cancers transmissibles et malheureusement, aucun vaccin n’a encore été trouvé. Dans les zones les plus infectées, la population de diables a chuté de 90 % et on se doute bien que ce n’est pas une mort dépourvue de souffrances…

Diable de Tasmanie Diable de Tasmanie - Tasmanian devil Diable de Tasmanie - tasmanian devil

Dans le parc de Bonorong, nous avons la chance d’assister à leur nourrissage – bruyant, on le confirme ! On observe également les minuscules kangourou pademelon , le eastern quoll, ou le superbe possum doré (ci-dessous). De mignonnes découvertes.

tasmanian quollgolden white possumtasmanian pademelon

On nous apprend que quelques projets redonnent tout de même de l’espoir pour le diable.  Les autorités ont récemment décidé de les exiler sur une île au large des côtes Est de la Tasmanie. Une soixantaine d’individus peuplent actuellement cette île et miraculeusement, ils restent en bonne santé. Cette expérimentation permet de préserver des spécimens sains, tout en mesurant l’impact de l’introduction de diables sur la faune de cette île.

Où observer le diable en captivité ?

http://bonorong.com.au

http://www.trowunna.com.au

http://www.tasmaniandevilpark.com/

Et en liberté ?

En théorie, on apprend que les diables peuvent être observés dans le parc national de Narawntapu, le parc national de Mount William, dans le parc national de Cradle Mountain – Lake St Clair, près de la rivière Arthur et dans la région des lacs de montagne.

Oubliez le Sud de l’île… Il n’y en a plus du tout !

 Pour en savoir plus :

http://www.tassiedevil.com.au

Diablement unique :

Save the Tasmanian devil

  • C’est son légendaire grognement et sa supposée agressivité qui ont lui ont valu le surnom de « Diable » par les premiers colons européens.
  • Sa mâchoire est particulièrement puissante : neuf fois plus fortes que celles d’un chien et comparables à celles d’un requin (proportionnellement au poids!). Il dévore ainsi entièrement sa proie, os et fourrure compris.
  • Le diable est un charognard qui se nourrit principalement de wombats morts, même s’il lui arrive parfois de chasser de jeunes animaux ou des animaux blessés.
  • Lors d’un affrontement, le diable baille pour signifier à l’assaillant son indifférence totale. Mais le bruit et la démonstration accompagnent également la démonstration.

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2 réflexions sur “Sur la piste du diable…

    • ça devait être une magnifique expérience. Il y a vraiment de belles expérience d’éco-volontariat à faire en Tasmanie et en Australie de manière générale.

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