Crottins de cheval et autres joies du Wwoofing


Le séjour en ferme bio perdue au fin fond de la NZ : c’est bon, c’est fait! Mandy et Pete m’ont accueillie pendant une semaine dans leur ferme biodynamique (voir ci-dessous), qu’ils surnomment leur « petit coin de paradis ». Ce couple australo-kiwi, tous deux la cinquantaine passée, s’est mis au bio il y a quelques années, en découvrant les problèmes de santé de leur entourage, dus à une mauvaise alimentation.

Mandy est passionnée par les animaux et le travail agricole depuis l’enfance. Elevée en Australie, dans le Victoria, elle  grandit dans une ferme, au milieu d’une fratrie de 6, et vole de ses propres ailes dès l’âge de 18 ans. Très vite, elle enchaîne les petits boulots et part découvrir le Queensland et la Nouvelle Galle du Sud. Elle travaille comme employée de bureau et comptable dans les mines du Queensland pendant plusieurs années, puis elle rencontre Pete, qui est Néo-zélandais. Ils s’installent sur la Gold Coast mais quand Pete perd son emploi tous deux décident de rejoindre la famille de Pete, dans la région d’Auckland. Après plus de 15 ans passés en Nouvelle-Zélande, entre le travail à mi-temps au bureau et à la ferme, Mandy se sent devenir kiwi, et apprécie la vie paisible de Tomarata. La plage de Te Arai, où leur fils part régulièrement surfer, est à 10 minutes de voiture seulement. Depuis les grandes baies vitrées de la maison, ce sont des collines verdoyantes à perte de vue, parce que l' »été a été pluvieux », rappelle Mandy, « sinon tout serait jaune ». Et quand le ciel est dégagé, on peut même voir l’océan et la silhouette des îles Little Barrier et Great Barrier se profiler à l’horizon.  Une vue à un million de dollars dans une maison un peu plus modeste mais tout confort, décorée « dans le style méditerranéen », aime souligner sa propriétaire.

La propriété recense une quarantaine d’oliviers, une dizaine de vaches d’engraissement (ce qui est peu, mais Mandy travaille à mi-temps et n’aurait pas le temps de s’occuper d’un plus gros cheptel), une dizaine de poules pondeuses, 2 chevaux, 2 chiens, un chat, un potager et un verger. Je découvre où nous dormirons : une grange, située à 200 mètres de la maison, avec 2 chambres. Confort minimal et températures assez fraiches la nuit, mais ça fera l’affaire pour les 6 prochaines nuits… Une heure à peine après mon arrivée, je mets déjà la main à la pâte : ménage, cuisine, donner à manger aux poules… J’apprends à connaître mon co-wwoofer, un Allemand sans le sous, qui attend avec impatience son voyage aux îles Fidjis. Lui au moins, n’a pas oublié d’emmener son PC portable, alors l’amitié s’installe très vite ;).  Les journées se déroulent comme suit : travail de 8h30 à 12h30 avec une pause thé à 11h00. L’après-midi est libre, en théorie. Puis le soir c’est dîner en famille et la participation à sa préparation n’est bien-sûr pas optionnelle !

L’expérience m’a semblé intéressante car elle permet de découvrir la vie à la ferme et de vivre avec des « locaux ». Je me suis ainsi très vite habituée à l’accent kiwi – c’est bon, je pense que plus rien n’est plus impossible à mes oreilles- :)  J’appréhendais un peu au départ mais le rythme de travail en wwoofing est supportable, bien que mes hôtes n’aient pas vraiment respecté la règle de la demi-journée de travail (hum…méfiez-vous, il y a toujours des abus).  Par chance, Mandy est une très bonne cuisinière (et n’utilise que des produits du potager of course!), ce qui permet de reprendre des forces ! Le grand air c’est agréable, mais plusieurs jours ont été nécessaires avant de m’habituer au calme environnant.

Temps forts du séjour : cueillette intensive des olives , tri manuel des olives, entretien du compost, jardinage, collecte de crottin de cheval (passionnant, évidemment ;) ), nettoyage des chevaux,  aide à la réalisation de deux tableaux réalisés à base d’éléments naturels comme l’écorce d’arbre…Oui, tout cela est très cliché ;).

Point positif : j’ai appris pas mal de choses sur l’agriculture biodynamique, qui suit le rythme des phases lunaires et planétaires, et se veut plus respectueuse de la terre que le bio. Je repars également avec 5 excellentes recettes saines et délicieuses (un gâteau à la pomme, aux dattes et aux raisins secs notamment qui est à se damner).

Point négatif : pas de session dada pour moi… On m’avait promis un peu d’équitation mais le mauvais temps et l’indisponibilité de Mandy l’après-midi n’ont pas permis de tenir cette promesse… snif…

Enfin, je conseille aux futurs wwoofers d’avoir un véhicule avant de tenter l’expérience, ou bien de choisir une ferme proche d’un arrêt d’autobus. L’isolement complet, ça va une semaine, mais plus, ça peut être très très ennuyeux. Dans l’idéal, il faudrait pouvoir allier travail le matin et tourisme l’après-midi. Dans mon cas, j’étais frustrée de me trouver à 10 minutes en voiture d’une plage de rêve sans jamais pouvoir m’y rendre…

2 réflexions sur “Crottins de cheval et autres joies du Wwoofing

  1. Sur les sites Internet du woofing, peut-on avoir
    une appréciation sur les conditions d’accueil et de travail pour les woofeurs ?,afin de ne pas être complètement pris au dépourvu. Mandy et Pete sont-ils référencés ? Dans tous les cas merci pour ce récit d’expériences très vivant et qui rend crédible votre propos.

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