Lapins, renards, cerfs et autres espèces indésirables


{mon côté écolo revient au galop!} Hé oui, ils ont beau être tout mignon avec leurs grandes oreilles, leur nez en V qui frétille et leur petite queue blanche, les lapins ne sont pas les bienvenus en Australie ! En effet, ces rongeurs qui font quasiment partie de notre patrimoine français ne sont pas endémiques de l’Australie. En d’autres termes, ils ont été introduits par l’homme sur le continent et ce n’est pas bien. Pourquoi ? Parce que l’introduction d’espèces étrangères dans un écosystème perturbe  les espèces locales et peut avoir des conséquences irréversibles. En Europe l’espèce qui illustre parfaitement ce phénomène de « concurrence des espèces  » est l’écureuil gris d’Amérique, qui fait de l’ombre à son cousin local, l’écureuil roux.

Les lapins sont une des premières espèces introduites sur le territoire australien, avec les dingos , ces loups roux, qui sont en réalité des chiens sauvages. Qui a eu l’idée d’introduire ces rongeurs, dans un pays déjà riche en gibier, me direz-vous ? Il s’agit d’un monsieur anglais, Thomas Austin, visiblement nostalgique de son pays puisqu’il a fait venir de Grande-Bretagne 12 couples de lapins pour sa consommation personnelle. Sauf que – bien sûr – certains se sont échappés et 50 ans plus tard, leur nombre s’est décuplé pour atteindre les 600 millions, répartis sur 60% du territoire australien. Quels problèmes posent-ils concrètement ? D’abord, ils sont vecteurs de maladies. Ensuite, ils contribuent à la désertification en dévorant la végétation endémique, ce qui a des conséquences désastreuses sur les pâturages et les récoltes agricoles. Apparemment, dix lapins mangent autant d’herbe qu’un seul mouton ! Les wallibies, des petits kangourous auparavant très nombreux au sud de l’Australie, sont indirectement menacés puisque les lapins leur font concurrence sur le plan alimentaire. Ce qui, de fil en aiguille, vient perturber le reste de la chaîne alimentaire.

Pour se débarrasser de ces envahisseurs, les autorités ont décidé en 1901 de construire une clôture – tenez-vous bien –  de 1833 km de long pour les empêcher d’atteindre l’Australie Occidentale ! Mais le temps qu’elle soit complètement érigée, ils s’étaient déjà introduits de l’autre côté. Malgré une deuxième puis une troisième barrière, pour un total de 3 000 km de long, rien n’y a fait. Alors le gouvernement a eu une autre glorieuse idée :  introduire le renard, un de ses prédateurs naturels. Evidemment, cela donna lieu à un autre désastre : au lieu de s’attaquer aux lapins, le renard se mit à mange les petits marsupiaux qui ont peu de prédateurs et qui de surcroit sont  déjà gravement menacés.

J’ai pris les lapins comme exemple mais ce ne sont malheureusement pas les seules « bêtes noires » de l’Australie. Les autorités environnementales ont en tout répertorié une cinquantaine d’espèces dites invasives. Parmi elles figurent donc aussi le renard, le cerf, le dromadaire, le chat et le cochons sauvages ou encore les crapauds buffle.

Mon récent week-end dans les Grampians mais aussi mon périple à KI m’ont permis de me rendre compte de l’ampleur du problème. J’ai observé des renards à 2 reprises, et des lapins quasiment tous les jours. Pour vous faire une idée, il y aurait aujourd’hui près de 30 000 renards soit 10 000 renards de plus que d »hommes !

De nos jours, pour lutter contre les espèces invasives, le gouvernement mène surtout des actions localisées en passant par l’empoisonnement.  La psychose des espèces invasives est telle en Australie que la douane et ses chiens renifleurs ne laissent pas passer grand chose en provenance de l’étranger. Il est ainsi interdit d’introduire tout produit alimentaire non emballé en Australie. En n’introduisant pas de fruits et légumes – porteurs de germes – d’un pays  à un autre et plus particulièrement en milieu insulaire, les touristes évitent le développement d’espèces invasives.

NB : les panneaux que j’ai choisi en illu sont visibles avant d’embarquer sur le ferry pour Kangaroo Island.

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